La banque alimentaire de Bordeaux rencontre de gros problèmes financiers. Cette situation est crainte par les actifs de l’association. En 2024 la solidarité envers la banque n’est pas toujours au rendez-vous. Ils continuent leurs activités grâce au bon cœur de chacun. C’est ainsi qu’ils gardent en eux le plus beau trésor de l’humanité.

Dans une grande zone industrielle, un plus petit hangar froid, ensoleillé par la bonté des bénévoles se met au travail. La banque alimentaire de Bordeaux, prépare dans un local de 3000m carré, des repas pour plus de 22 800 personnes par jour. Thiery Cagnon, retraité bénévole, apporte son aide à la banque alimentaire depuis trois ans. Équipé pour sa journée de son bonnet et sa veste orange, il aide des étudiants, des familles monoparentales, des sans domicile fixe et bien d’autres. Secrétaire général de cette association, cette année il fait face à une baisse des récoltes de denrées alimentaires. Entre les conserves, les cagettes de légumes, les sacs de pomme de terre, et tous les produits de marque alimentaire, cette banque solidaire n’est pas touchée par l’avarice.
Malgré les 7 camions à l’effigie de la banque et aux couleurs des vestes de tous les travailleurs, partent tous les matins de 7h30 à 8h dans les supermarchés et les grandes surfaces partenaires, le discount proposé par ces derniers afin de vendre leurs produits près du seuil de leur date de péremption. Thierry sait que ces collectes ne suffiront pas à aider tous ceux dans le besoin. Alors « on achète nous-même ».

Sans argent, ce hangar peine à remplir ses nombreuses étagères de plusieurs mètres de haut. L’État qui offre des subventions qui réduisent d’année en année est un problème qui retient l’attention du Secrétaire de l’organisation. L’achat de nourriture représente une dépense conséquente. Elle est couplée au frais que nécessite les camions et la climatisation des immenses frigos, semblables à des box de stockage. Tapissé de blanc, presque vide, ils contiennent des produits comme des yaourts, du fromage. Les cagettes de légumes remplis d’aubergines, de poivrons, de courgettes, certaines étiquetées « gratuit (maraude) ». Ces derniers nécessitent de conserver les aliments à 2 degrés dans quelques dizaines de mètres carré.
Toute cette logistique est très couteuse pour une organisation qui ne fait pas de profit financier, « on s’en sort comme on peut » affirme Thierry. La banque alimentaire compte sur la solidarité d’autrui.

Des associations chargent leurs camions de nourriture, au milieu du froid ambiant, sur un port de 3 quais. Thierry prend la parole « les associations prennent un quai toutes les heures … ils paient 28 centime ». Cette faible contribution sert à la banque alimentaire. Ils utilisent cet argent pour aider à financer leurs dépenses.
Au milieu de boites, sont stockés des centaines de kilos d’aliment. Ici une association, Post EDN Team, représenté par deux étudiants. Un homme de taille moyenne habillé d’un long manteau, et une femme aux cheveux décolorés annoncent une bonne nouvelle. Ils sont présents dans le but d’apporter leur contribution. Offrir les restes d’un évènement, un chariot rempli de boite de ratatouille et de boissons en tout genre.
C’est au même endroit qu’un autre moyen de soutenir la banque est évoqué « On reçoit des petits dons de particuliers ou d’autres plus grands d’entreprises » Déclare Thierry. Cet esprit de solidarité, marque de fabrique de la banque lui permet de combler les manques de subventions. Elle est représentée par tous les courageux travailleurs.

Arborant tous leur gilet orange, les bénévoles et les salariés, travaillent d’arrache-pied. Ne se craignant pas la température grâce au cœur chaud qui les anime à ce moment. Ils se mobilisent tous pour aider. L’ambiance cosmopolite regroupe tous les bénévoles. Tous issus de milieux sociaux différent, des retraités aux étudiants ils ne sont pas dérangés par les ethnies, les religions, les handicaps de chacun. Les regarder se soutenir, s’entraider fait oublier tout le reste, à ce moment la seul leur action compte. Si Thierry ne parait pas très optimiste lors de ces discours, tout au long de la journée il arbore un sourire sincère. La piteuse apparence de l’extérieur de ce hangar est cachée par beauté des intentions de chacun.